04.08.2009

Qir Tiv'on

29 juillet

 

Nous quittons Irbid pour Amman, capitale de la Jordanie. Après quelques tours dans la ville, nous trouvons le Collège de Terre Sainte tenu par des franciscains. Le seul franciscain qui parle français n'est pas disponible, il le sera peut-être samedi matin prochain.

Élisabeth insiste pour descendre à Aqaba, au bord de la Mer Rouge, par la route du désert. Alors nous sommes parti pour l'oasis d'Azraq à quelques kilomètres de la frontière irakienne et saoudienne. mouton.JPGLe long de la route, se dresse une dizaine de restaurants devant lesquels attendent, dans un enclos, un petit troupeau de mes semblables qui attendent patiemment leur sort. Pauvre d'eux, savent-ils ce qui les attend : être pendu par les pieds avant d'être égorgé, et cuit à la broche pour des familles saoudiennes ou des Émirats...

Damien voulait absolument prendre les dromadaires en photo ! Nous en avons trouvé trois dans une prairie. L'occupant de la maison voisine nous invite à boire un thé que nous acceptons. Je suis resté dans la voiture pour lui tenir compagnie. dromadaire.JPG

A ce que j'ai entendu quelques heures plus tard, las quelques mots d'anglais de cette famille et les quelques mots d'arabe du guide leur on permit de comprendre que les garçons de la famille sont célibataires mais que la fille attend un heureux événement.

shisha.JPGAprès thé et shisha, qu'Élisabeth et Damien ont essayé, mes amis sont allés diner. Par respect pour moi, ils ont dîné de poulet et non de mouton. Ils y rencontrent un policier jordanien qui nous invite a passer chez lui si jamais on repasse à Irbid !

 

30 juillet

Le désert... Imaginez une étendue toute plate sur laquelle il n'y a rien d'autre que les cailloux qui poussent. D'où une réplique célèbre maintenant dont Damien porte la responsabilité : « il est quand même très désertique, ce désert ». Ben oui, Damien, c'est un désert quoi ! Nous partons tôt pour ne pas cuire dans la voiture !desert.JPG La route, ponctuée de panneau « attention dromadaire », se perd à l'horizon. Elisabeth conduit la voiture, pour ceux qui ne le savent pas, elle n'a pas son permis, rassurez-vous, il n'y a personne d'autre que nous sur la route. Au premier poste de police, c'est la frayeur, ils nous demandent de s'arrêter ! Ce que nous faisons, mais à peine arrêter, ils nous font signe de repartir. Notre « conductrice » cale plusieurs fois sous le regard amusé des policiers. (Note du correcteur : la première, comme certains le savent, est de santé délicate chez Shéhérazade. Le seul calage ne sera pourtant du qu'au stress bien légitime de l'illégalité !) A noter également que l'on trouve des dos d'ânes au milieu du désert, ce qui donnera lieu à une autre réplique célèbre : « ah les chameaux, ils ont mis des dos de dromadaires sur la route ! » Eh oui, les dromadaires, contrairement aux chameaux, n'ont qu'une bosse, ainsi que le rappelle la chanson culte d'Astérix et Cléopâtre (« et quand le chameau arrive... »

eli desert.JPGNous avons essayé le mourir de soif dans le désert, mais nous n'avons pas réussi. La gourde était finalement accessible, et nous ne sommes de toute façon pas partis assez longtemps pour épuiser nos stocks d'eau (24 litres s'il vous plait !)

Nous sommes arrivés à Aqaba en fin de matinée. Après le déjeuner à Aqaba, nous continuons notre tour de la Jordanie : nous avons la ferme intention de dormir à Wadi Musa, à côté de Pétra, ce soir. Le paysage change rapidement : nous quittons le « silence éternel de ces immensités infinies » (Copyright Blaise Pascal) pour un pays de rocs et de montagnes à peu près aussi sec. Damien quitte la route principal, qui est la route des rois, pour s'élever un peu dans la montagne ; de quoi prendre quelques vues, et faire chauffer le moteur de Shéhérazade. De quoi aussi se faire inviter à prendre le thé par les huit filles d'une authentique famille Bédouin ! Tente en poil de chèvre et élevage de poules ; bon, d'accord, nous vous avouons qu'ils ont un pick-up et des téléphones portables. N'empêche qu'on s'est senti assez dépaysé ! Le soir, comme prévu, nous sommes à Wadi Musa.

 

31 juillet

petra.JPGAujourd'hui, Pétra. Mes compagnons de voyage ont eu la gentillesse de bien vouloir m'emmener, ce qui est d'autant plus aimable qu'ils n'ont rien payé pour moi puisque l'entrée est gratuite pour les moutons. Heureusement qu'ils ont veillé à ce qu'on ne me passe pas à la broche. Pétra, c'est le décor d'Indiana Jones (dans la Dernière Croisade). Je ne voulais pas manquer ça ! Les voitures sont interdites sur le site, qui fait plusieurs kilomètres. Du coup, les flemmards, les riches et les randonneurs prennent des ânes, des calèches ou des chameaux pour aller d'un bout à l'autre de l'endroit. Folklorique et touristique, mais on a bien rigolé. En revanche, on a eu soif. Heureusement que les deux SUF nous avaient prévenus deux jours plus tôt : nous nous étions armés de 5 litres d'eau... N'empêche qu'on a eu soif quand même. Nous avons quitté Pétra à 16 h et rejoint Amman, bouclant ainsi notre tour de Jordanie.

 

1er aout

jourdain.JPGNous avons échoué une fois de plus à trouver les franciscains. Décidément... Donc, à défaut de jouer les journalistes, nous décidons de jouer encore les touristes pèlerins. Au menu, Mont Nébo, où nous payons trois dinars, puis site du baptême du Christ (tout est très bien indiqué sur les routes, ce qui nous change des autres pays) où nous payons 21 dinars (anecdote : on ne peut pas y accéder à pieds... Il faut monter dans le camion pour aller jusqu'au Jourdain, lequel est ultra surveillé !); Damien et Elisabeth imagine qu'ils vont recevoir le Saint Esprit avec un shampooing à la vase. Curieuse coutume. Se baigner dans le Jourdain implique de vérifier que le militaire armé qui nous surveille à le dos tourné. mer morte.JPGNous croisons deux voyageurs en route, un malaisien et un néérlandais qui se sont trouvés sur la route. On les embarque pour la mer morte, où nous dénichons une plage gratuite, sale, mais fournie de splendides chutes naturelle où nous nous rinçons comme dans une pub pour Loréal. Mais il faut croire que je ne le valais pas ; mes amis n'ont pas voulu que je fasse trempette, si ce n'est dans les mains d'un gamin sur une bouée (dont j'ignore l'utilité réelle vu qu'on flotte tout seul). Il paraît que le sel n'est pas bon pour mon poil synthétique. Nous sommes rentrés tout les six (eh oui, six dans la voiture, c'est lourd à tirer dans les montées !)eddy mer morte.JPG

 

2 aout

Messe en anglais à Amman au milieu des asiatiques. Très belle chorale accompagnée de guitare en tout cas. L'église est bondée ; il y a trois Blancs, un mouton, un Noir, deux Indiens et le reste d'asiatique, on n'a toujours pas compris.

Il y a peu de choses à dire de cette journée, que nous avons passé en formalité. Bon à savoir ; les voitures personnelles passent la frontière près d'Irbid, la frontière près d'Amman étant réservée aux voitures diplomatiques. Évidemment, on s'est trompé. Arrivé à 16h30 à la bonne frontière, nous entrons en Israël à 21h30. Pour l'anecdote, je suis passé au rayon X, comme le reste des bagages. Je suis outré.

Ayant échoué ensuite à trouver un hôtel pour moins de 100 dollars la nuit, nous échouons chez l'habitant. J'avoue que ça a été bien sympa, même si mes compagnons de voyage ont mis la nuit avant de me présenter au propriétaire des lieux. Il est vrai qu'ils ont passé cette nuit à parler de voyages et de théologie, à en rendre jaloux tous les éxégètes du judéo-christianisme.

 

3 aout

nazareth.JPGLevé à 11h le lendemain. Nous visitons Nazareth, nous attardant longuement dans la Basilique. Chez les religieuses de Nazareth, nous visitons dans le sous sol les restes de l'ancien Nazareth.

Rentré le soir chez l'habitant à nouveau, qui accueille sa femme et ses trois fils ; les filles se couchent pendant que les hommes font un petit plongeon, et moi je reste à bouquiner pendant ce temps (mais si, je sais lire l'Hébreu !)

 

4 aout

Levé tardif, mes compagnons de voyage se reposent pendant que j'écris le blog.

28.07.2009

nouvelles d'Ibrid

21 juillet

Nous partons pour Antioche après une petite nuit et une grande négociation à propos du prix... Car ici on paie le camping pour la journée pas pour la nuit ! Un petit dej turc et c'est parti pour traverser des montagnes où une brume de chaleur voile le paysage. Nous nous arrêtons pour le déjeuner dans une gargote au bord de la route. Élisabeth et Damien prennent une bière, la dernière de Turquie car ils ne sont pas sur d'en avoir en Syrie !
Un petit vieux à l'office du tourisme regrette de ne pas pouvoir nous inviter à boire le thé et s'efforce de nous expliquer en français les lieux à visiter absolument. Il nous indique l'église catholique où séjournent des capucins. Nous trouvons sans problème à nous garer dans les petites ruelles de la vieille ville. Une bande d'enfants nous accompagnent jusqu'à l'église. Les religieux ne sont pas là, mais la femme de la maison nous accueille. Dans une cour ombragée, un petit puits remplis de géranium, une fontaine... Notre chambre donne sur les toits alentours, dont les tuiles me rappelle ma bergerie natale. Le calme. L'église du monastère pleine d'icônes s'offre à nos yeux. 21_07_saint-pierre.jpg
Parlant d'église, nous avons du payer 12€ pour en voir une beaucoup plus ancienne ! La chapelle de Saint Pierre est une des premières églises du monde. Ici, Saint Paul et Saint Pierre se seraient rencontrés. Les actes des apôtres nous apprennent aussi que les premiers chrétiens s'enfuyaient dans la montagne par un passage taillé dans le rocher. La chapelle surplombe la ville, et il est assez aisé d'imaginer la vie secrète de ces premiers chrétiens.
Dans la soirée, nous trouvons une autre ambiance chez Barbara, qui tient une maison d'hôte à Antioche. Connue comme le loup blanc, cette femme d'une cinquantaine a tout claqué à 20 ans pour accueillir les pèlerins ici. Là, nous rencontrons américains, canadiens et lituaniens. On parle anglais, français. Nous prions avec les chants de Taizé. A notre surprise, un musulman se joint à nous pour prier.

22_07_choi.jpg22 juillet
Notre première grosse frontière ! Nous serions passés comme une lettre à la poste (en France, parce qu'en Syrie c'est pas ça) sans la rencontre avec une famille sud-coréenne dans le pétrin... que nous décidons d'aider (ils se rendent au même endroit que nous, mais sans trop s'arrêter en chemin). Un soldat francophone (vraisemblablement gradé) nous file un bon coup de main.

22_07_eglise.jpgFinalement, arrivée vers 17h à Alep, capitale du fameux savon (dont nous ferons d'ailleurs le plein). Nous trouvons un hôtel miteux mais bon marché, aux couleurs internationales, puis visitons rapidement le quartier chrétien et faisons le tour de la citadelle antédiluvienne (on n'a pas réussi à savoir si c'était cro-magnon ou néandertal qui l'avait construite), accompagné de Choï, notre coréen, et de quelques gamins qui insistent pour se faire prendre en photo. Découverte d'un des principaux loisirs des gens du coin : boire un soda en bouteille devant la citadelle entre 21h et 23h. Nous sommes quand même frappé, par rapport à Antioche et à la Turquie en générale, du nombre de femmes qui portent le voile intégrale.



23 juillet
Nous passons la journée à Alep : visites de la citadelle, écrasée par un soleil brulant, puis de la mosquée des Omeyyades (merci Damien pour les photos) où nous nous brulons les pieds, puis des souks, où nous trouvons du savon. Anecdote : la veille, un citoyen d'Alep nous a demandé si en France on avait du savon. Il s'étonnait du fait que les français venait toujours à Alep pour en acheter, comme s'ils n'en avaient pas dans leur pays !
23_07_citadelle.jpgDamien, Pauline et Elisabeth goûtent leur premier vrai kebab syrien, qu'on mange ici dans des galettes de pain roulés. Je n'en ai pas pris, étant d'une part végétarien et d'autre part assez peu enclin au cannibalisme.
Une minute de silence pour mes semblables SVP.
Après une sieste à l'hôtel, nous partons à l'assaut du quartier chrétien... Cette fois, rencontre avec des paroissiens : le curé était trop occupé. Nous faisons la connaissance de Pauline, 85 ans, doyenne de la paroisse, qui n'a pas toujours vécu ici : avant, elle habitait la rue d'à côté. Nous apprenons qu'il y a de plus en plus de musulmans dans le quartier chrétien, mais que ça ne pose pas de problème ; que les chrétiennes peuvent se promener en débardeur, et qu'elle ne sort plus de chez elle mais que ses amies viennent beaucoup la visiter. Nous la quittons avant de déménager son appartement dans notre voiture, plan qu'elle semble décidée à mettre en exécution : « de toute façon je vais partir, et tout ça ça restera là ! Autant que vous en profitiez ! »

24 juillet
Au collège Terre Sainte, nous ne rencontrons pas de franciscains, puis l'école a été nationalisée, mais des scouts libanais qui nous donnent des adresses de leurs semblables au Liban. Nous prenons ensuite la route de Homs, en passant par Ebla, la ville morte.
Ebla : notre première rencontre avec le désert. La ville morte mérite bien son nom : il n'y a plus que le vent pour faire bruisser les quelques herbes qui entourent les murs effondrés de l'ancienne ville fortifiée. Bien qu'ayant près de 5000 ans, la ville a de beaux restes. Les recherches archéologiques, encore en cours, mettent à jour la culture visiblement très riche de cette région. 24_07_ebla.jpg

Nous quittons Ebla et ses fantômes pour Homs, qui (vendredi oblige) n'est pas beaucoup plus vivante ! Pour trouver un bouiboui ouvert, c'est la galère. Nous demandons un « cheap restaurant » à une boutique ouverte du quartier chrétien. Le gars réfléchit quelques instants, passe un coup de fil et nous fait signe de le suivre. Un quart d'heure plus tard et après avoir précisé que nous cherchions à manger local, nous nous retrouvons devant une table parsemées de mets arabes, dans un bon restaurant, sans avoir rien commandé de précis. L'arnaque en préparation.
Méfiant, nous nous enquerrons auprès du seul serveur qui parlent anglais le prix des boissons qu'on nous propose maintenant : « all table for free ». Non, non, il n'a pas eu erreur de traduction. Nous avons mangé à l'oeil. Et bien mangé d'ailleurs. Alors que nous calons, la moitié des assiettes encore pleines, on nous propose de nous resservir, ce que nous refusons avec énergie.
Nous passons la nuit chez les Jésuites, après s'être fait offrir le dîner, ainsi qu'une explication filmée de l'origine des différentes communauté chrétienne, le tout agrémenté d'une sorte de pastis local et de la « Mâne » irakienne.

25 juillet
Shéhérazade peine beaucoup, il y a apparemment le joint du couvercle des soupapes qui fuit assez méchamment et l'huile se répand, et le moteur fait entendre un bruit inquiétant. Nous montons à 1300 mètres et y trouvons une agréable non-chaleur (il serait insolent de parler de fraicheur). Un désert montagneux, toujours, et les abonnés de la Croix du Nord sauront peut-être qu'écrire son journal dans une voiture ballotée par le vent, les trous dans l'autoroute, et les doublements intempestifs est un exploit que même Chuck Norris n'a jamais accompli (en même temps, sait-il écrire ?)
25_07_qarat.jpgNous arrivons vers 14h au Carmel de Qarat, où sœur Claire-Marie nous sert de guide avant de nous servir le déjeuner. Cet ancien monastère, toujours en activité, est aussi en cours de reconstruction. Nous y entendons quelques anecdotes sympathiques : les moines se sont fait massacrer à deux reprises, dont une fois par les Ottomans au XVIIIe. Plus de 100 morts à chaque fois en une nuit.
On nous propose de rester pour la nuit, dans l'espoir (quoique ça relève plus de l'espérance) que Mère Agnès rentrera assez tôt pour qu'on puisse l'interviewer... Nous acceptons et allons visiter pour passer l'après midi le monastère de Mar Musa. La route qui y mène est plutôt sympathique. Damien y prendra le plan du siècle, en montant dans un camion pour filmer la voiture galérant sur la route sinueuse qui mène au pied de la montagne. Le monastère y est accroché, et il nous faut un quart d'heure pour y monter à pieds.
Dans la soirée, nous vérifions le moteur de la voiture. Il semblerait que la courroi de l'alternateur est très abimée. Nous espérons arriver à Damas et trouver un garagiste. Après le dîner aux légumes (merci Mon Dieu, les moutons furent épargnés) au Carmel avec les carmélite est leurs hôtes, des belges – journalistes, médecin, étudiants – nous couchons dans des chambres libres de moustiques.

26 juillet
Il fut difficile de quitter le Carmel, sans avoir fait la connaissance de la fantomatique Mère Agnès. Arrivée à Damas. Nous n'avons pas vu de grande lumière en chemin, ce qui prouve que nous ne sommes plus à convertir ! Notre point de chute est Soufanieh, lieu d'apparition mariale très récentes. Nous y sommes accueillis comme des étrangers en Syrie... On nous propose de régler à la fois nos problèmes de moteur (les fuites d'huile, ça les connait à Soufanieh), de lessive, et on nous trouve même un arrangement pour la nuit.
C'est à Damas que nous progressons le plus dans notre documentaire sur les chrétiens d'Orient. La problématique semble se lier autour de Soufanieh : l'unité des chrétiens viendra t-elle de l'Orient, ces pays où ils ont toujours ou presque été minoritaires, cette région qui a pourtant vu jaillir la source de notre Foi ?

27 juillet
27_07_soufanieh.jpgNous nous séparons : Pauline et moi partons avec deux chrétiens au garage, Damien et Elisabeth vont interviewer le Père Elias, modèle de culture et grand défenseur de l'identité arabe contre le nivellement planétaire.
Le garagiste, pendant que le Père Elias cultive les deux autres, tâte le pouls de Shéhérazade. Un tournevis lui sert de stéthoscope, et il ne peut pas travailler sans cigarette au bec, ce qui n'est pas très hygiénique. Deux heures plus tard, le moteur est propre, les joints qui fuyaient siliconés, la vidange faite et la courroie défectueuse changée. Ouf !
Nous nous retrouvons à midi, et partons visiter la ville. Surtout les souks. C'est la journée des souvenirs, marchandages et compagnie. Même Damien commence à y prendre goût ! Le plus compliqué sera une icône de Saint Georges, très vénéré dans le pays depuis la conquête Ottomane, dont on ne propose que des reproductions. Finalement, il est passé huit heure quand un vendeur rouvre sa boutique pour nous, et nous concluons l'affaire, alors qu'il n'avait rien vendu dans la journée !

28 juillet
Un dernier tour à Damas, adieu à Soufanieh (où nous croisons Myrna, qui arrive quand on part), au-revoir à la Syrie.
Bonjour à la Jordanie. Le paysage reste tout aussi désertique si ce n'est plus et les jordaniens se vêtissent d'habit plus traditionnel. Nous décidons de dormir à Ibrid pour pouvoir prendre le temps de mettre à jour le blog. Nous croisons deux françaises qui parcourent le Moyen-Orient en bus !

Eddy

21.07.2009

Nouvelles d'Adana

19 juillet

Nous avons finalement campé non loin d'Izmir, dans un camping où nous avons trouvé internet pour vous envoyer les précédentes nouvelles. Au matin, très courte grasse matinée que la chaleur empêche de se prolonger. Nous partons sur le coup de 10h15 vers Santa Maria, l'église où nous avons une messe à 11h. Messe en italien, comme il se doit, puisqu'il s'agit de la paroisse italienne. Une douzaine de paroissiens italo-français, visiblement des habitués, peuplent vaguement l'église. Amusant clin d'œil : la lettre est une épitre de Saint Paul aux... Ephésiens (Ephèse n'est pas bien loin). Un rital entonne les chants avec une voix d'opérette à faire sourire. Il est rare que nous ayons des messes chantées depuis que nous avons quitté la France ! A croire que les français chantent plus que les autres ?

Nous discutons après la messe avec l'assistant du curé italien à tronche de mafioso (italien, quoi). Celui-ci, un Noir pas beaucoup plus grand que moi, tout mouton que je sois, parle français. Coup de chance ! Sauf qu'il est là depuis seulement une semaine ; pas de chance en somme ! Nous échouerons à rencontrer le Père Gabriel, français à Izmir, qui visiblement n'était pas chez lui au moment où nous sommes passés. Tant pis pour lui, il n'aura pas la chance de nous connaître. On s'arrache pour aller à Ephèse.

Dans la voiture, un des grands débats du moment porte sur la prononciation turque. La science de Pauline, à laquelle Damien et Elisabeth sont des réfractaires un brin moqueur, nous apprend par exemple qu'un i sans point ne se prononce pas i. Ils sont fous ces humains !

 

19_07_merryaman.jpgAprès avoir un peu cherché, nous découvrons « Meryemana », la maison de Marie, près d'Ephèse. La Bible nous apprend que Jean l'aurait emmenée avec lui dans cette région ; des fouilles archéologiques ont en effet mis à jour ce qui est vraisemblablement sa derrière demeure terrestre, ce qu'une légende locale, entretenue par la communauté orthodoxe du coin, a toujours assuré. Autrement dit, peu de doutes possible. Nous y arrivons vers 16h30. La municipalité nous fait payer 30TL pour accéder au site, qui ne vit que grâce aux dons pourtant. Bande de profiteurs...

 

Le paysage a beaucoup changé depuis Istanbul. Nous avons toujours droit au crissement des cigales, mais la végétation s'est peu à peu rabougrie. Les collines sont arides et escarpées. Les oliviers et les abricotiers se sont espacés, et ne colorent plus autant la terre et les rocailles. Dans la vallée, des champs de blés et de maïs survivent grâce aux irrigations. Mais là-haut, il n'y a plus rien que la lumière qui nous écrase, entre ciel et terre... Y avait-il déjà des guêpes autour de la source il y a 2000 ans ? Bravant les bestioles en question, qui sont bien plus épaisses qu'en France mais ne montrent pas d'agressivité, nous remplissons nos gourdes d'une eau plus fraîche que celle de nos bouteilles. Ici il y a plus de pèlerins que de touristes. Nous échouons à trouver les capucins qui vivent là, mais trouvons un peu de fraicheur dans la chapelle, très simple, construite sur l'emplacement de la dernière demeure de la Mère du Seigneur. Je ne pourrais vous en dire beaucoup plus, mes trois camarades de voyages ayant oublié de m'emmener avec eux pour cette virée religieuse.

 

19_07vendeur_de_pneu.jpgEn revanche, j'étais là, et bien là, lors de l'aventure suivante. C'était vingt km avant Denizli. Damien conduit, Élisabeth co-pilote, Pauline dort, et moi, de la plage arrière, j'admire le paysage et le camion de cagettes que Damien dépasse, quand tout à coup, Damien s'arrête sur le bas coté et s'écrit : «  Ça y est, on a crevé ! ». En effet, le pneu arrière droit n'a pas bonne mine ! Ni une ni deux, le cric, la roue... et 15 minutes plus tard, la mauvaise roue est dans le coffre (eh oui, l'affaire ne peut pas être dans le sac). Nous nous arrêtons plus loin, dans un oto lastikci (un vendeur de pneu, plus ou moins usés) pour remplacer le pneu percé. Les affaires conclues, la femme de la maison nous offre eau fraiche et thé accompagné de quelques cerises et prunes qui d'après monsieur sont les meilleures, bien sur puisqu'elles sont turques ! Petite séance photo et échange d'adresse mail et nous revoilà sur la route vers Denizli et Pammukale.

Nous arrivons de nuit au site de Pammukale, où une eau chaude sort des bouches de la terre. Nous trouvons un camping où déconcertés, nous demandons où mettre la tente. Le réceptionniste nous indique une place sèche sur la pelouse et la piscine d'eau thermale où Damien s'empresse de plonger. Une petite bière les pieds dans l'eau, c'est le panard !

Par contre, ce qui n'est pas le pied, ce sont les moustiques qui peuplent nous nuits !

 

20_07_pammukale.jpg

20 juillet

 

 

Eh oui, tous les matins, c'est le même cirque. Ils attendent que nous soyons bien enfouis dans nos rêves pour venir nous murmurer à l'oreille leur danse de la guerre : un petit biiiiiiizzzzzzz de temps en temps. De quoi nous rendre fou et écourter notre nuit. Mais nous ne les laissons pas tous partir ! Comme le dirait une amie, "pourquoi Dieu a-t-il créé les moustiques" ?

Grosse route aujourd'hui, nous voulons nous rendre à Antioche, soit quelques 800 kms sur des routes plus ou moins bonnes. Le temps est meilleur que la veille, la température dans la voiture est bonne car nous roulons toutes fenêtres ouvertes. Nous nous arrêtons déjeuner chez un vendeur de pide, sorte de pizza turques. Et là, nous rencontrons un turc francophone qui a travaillé quelques années à Lyon ! Il commande pour nous le repas. Qui s'avère délicieux : pide à la viande et au fromage accompagnés d'une salade de concombre et de tomate. De la poussière s'élève, le vent tourbillonne et floutch, une tornade de poussière s'abat sur nous. Nous en avons partout même dans les ayrans, du lait fermenté salé dont les turcs raffolent (comme Pauline d'ailleurs). Mais qu'importe, le repas fut tout de même bon.

Et nous repartons pour des kilomètres de paysages à vous couper le souffle. Des plaines verdoyantes ou jaune-dorées, des maisons de terre, des camps de romanichels, des troupeaux de chèvres bordent la route. Nous traversons les montagnes du Taurus ou nous prenons des autostoppeurs que nous faisons apparemment bien rigoler.

20_07_paysage.jpg

Arrivés en haut, une bouffé de chaleur nous saisis. En face, la mer humidifie tout. Nous descendons sur Adana où nous avons décidé, vu l'heure tardive, de passer la nuit. Le Hilton nous fourni un plan de la ville et des indications pour trouver l'hôtel le moins cher ... mais nous nous perdons. Nous demandons alors à un autre hôtel de nous expliquer où nous sommes. Il nous explique, non sans nous avoir offert le café, que les hôtels que nous cherchons ne sont pas très conseillés. Il essaye coute que coute de nous faire dormir dans le sien. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. La première nuit dans un hôtel turc ne sera pas ce soir, nous cherchons un camping à une cinquantaine de kilomètres de là. Nous atterrissons sur une plage bordée de tente où le jeune qui veille nous assure que nous pouvons camper gratuitement, avec douche, Wc. Mais, il n'y a pas d'eau. Et les moustiques sont au rendez vous ! Encore une fois...

 

Eddy