25.08.2009

Lettre de démission d'Eddy

Mes compagnons de voyage m'ayant lachement abandonné dans la voiture sous le fallacieux prétexte de la surveiller pendant qu'elle était au parking de la frontière, je n'ai rien vu du Liban. Je suis outré, choqué, malmené, et je sens que je vais entrer dans l'opposition.

Puisque c'est ainsi, je me refuse à relater leurs souvenirs personnels.

Eddy, mouton synthétique démissionnaire.

PS : Si vous voulez des nouvelles, vous les aurez jeudi à 11h par la Croix du Nord. Soit en kiosque, soit, faisons une fleur à nos lecteurs, sur cette page... Jeudi 11 heures, connectez-vous !!!

20.08.2009

Bonjour du Liban

Je vous ecris de sous le Cedre... ou presque. Un rapide message du Liban pour signaler que nous allons bien; nous avons du laisser la voiture a la frontiere, le diesel n'etant pas autorise au Liban. Nous la recupererons au retour, elle est garee en securite et nous attend !

Certains sauront que Damien est heureux d'etre enfin la... ceux qui se repelleront que son projet scout avait capote il y a deux ans pour cause de guerre. Esperons que nous n'aurons pas un probleme pire encore; mais la situation a l'air relativement stable.

Nous sommes loges chez des amis de Damien, et avons rencontre aujourd'hui le patriarche de l'Eglise armenienne catholique. Ca a l'air complique dit comme ca, mais vous apprendrez a notre retour qu'en fait ce n'est pas simple loool...

Exceptionnellement, ce mot n'est pas redige par Eddy, d'ou les fautes de styles et les lourdeurs. Notre ami mouton a ete lachement abandonne sur la plage arriere de notre malheureuse voiture.

Mea culpa...

Elisabeth

16.08.2009

nouvelles

 Voici quelques nouvelles par l'article que nous avons envoyé à Croix du Nord ce 11 août. Nous vivons de folles aventures qui ne nous laisse pas toujours le temps de vous écrire...

Debout resplendis, car voici la lumière ! Nous voici au sommet...

IMG_5199.JPG« Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! Jérusalem, te voici dans tes murs, ville où tout ensemble ne fait qu'un ! » Ainsi le psaume 121 salut-il la ville, que nous avons découvert le 6 août au soir.

08_08_mur_lamentations.JPGSurprise ; avant la ville, le désert laisse progressivement place à des forêts de sapins, alors que nous montons dans les embouteillages vers Sion. Une ville de plus de trois millénaires, cité de David, tombeau du Christ, citadelle de Godefroy de Bouillon et maintenant, fourmilière des populations du monde entier, qui vendent, qui achètent, qui prient, qui guerroient, qui marchent ou qui admirent... Paix oblige, l'été venu, Jérusalem est un festival de nationalité. Le premier soir, nous dînons dans un restaurant italien casher au milieu de famille juive françaises venues en vacances. Le lendemain, nous observons la fabrication du pain chez des boulangers du quartier arménien... Des polonais prient dans leur langue sur la Via Dolorosa, où l'on trouve le premier chemin de croix de la Chrétienté. A l'ouverture du Sabbat, les juifs dansent devant le Mur des Lamentations. Voilà que l'appel du Muezzin retentit ; ici, chacun a son heure pour exprimer sa prière. Les franciscains, qui tiennent maintenant les lieux saints, ont fait monter en cachette un orgue majestueux au Saint Sépulcre, que l'on entend la nuit... On parle hébreu, arabe, italien, anglais, français... Derrière les murailles maintes fois détruites, maintes fois reconstruites, chaque fois agrandissant un peu la ville, la ville respire à cent rythme différents. Quel dommage que les peuples ne puissent s'entendre !08_08_chemien_de_croix.JPG

Et puis Bethléem... De l'autre côté du Mur, tout change. Dans notre bus, il n'y a quasiment que des arabes ; nous ne sommes pourtant pas contrôlés et fouillés avec beaucoup d'ardeur. Seuls deux enfants, qui se sont glissés derrière des fauteuils, en sont quitte pour rentrer à pied à Bethléem. En les voyant rire sous cape, on devine qu'ils n'en sont pas à leur coup d'essai. Mais le mur a quand même quelque chose d'impressionnant, même en temps de paix. Imaginez 10 à 15 mètres de parpaings. Nous avons vu une propriété coupée en deux par ce mur. Berlin ou la muraille de Chine ? De l'autre côté, des bâtiments à moitié construits ; on construit pendant la paix, en attendant que la guerre vienne tout détruire à nouveau. Nous retrouvons quelque chose de la Syrie, de la Jordanie, avec plus de ruines et plus de tensions. « Ça a l'air calme », nous explique Sœur Sophie, qui tient une crèche dans Bethléem. Elle est d'origine libanaise, comme beaucoup des filles de la Charité ici. Ce n'est pas tous les jours facile pour elles. « Tous les 15 jours, on n'a plus d'eau. Je n'ai pas rempli la piscine pour les enfants, parce que je dois vider les citernes pour ça, et que se passera t-il si on nous coupe l'eau plus longtemps ? » Pour elle, la paix n'est qu'une accalmie entre deux tempêtes. Et pourtant, il y a tant de raison de s'émerveiller ici ! A Jérusalem, la congrégation s'occupe d'enfants juifs apportés par les services sociaux ; ici, ce sont des petits palestiniens, qu'on trouve souvent abandonnés, handicapés, où dont les parents sont inaptes. IMG_5113.JPGIls ont un an, et ne font pas six mois. Nous passons l'après-midi à jouer avec eux ; deux jumeaux maigres à faire peur se tiennent déjà debout et sourient sans cesse ; une petite a perdu sa mère, tuée par sa propre famille parce qu'elle était enceinte sans être mariée. Le pays est dur, l'Islam aussi est dur ; il ne faut pas se voiler la face. Mais « ce que vous faites à un de ces petits, c'est à moi que vous le faites, disait le Christ ; et ici à Bethléem, c'est encore plus fort. C'est l'enfant Jésus que nous reconnaissons dans ces bébés... » explique Sœur Sophie avec une simplicité émouvante. « Appelez le bonheur sur Jérusalem ; Paix à ceux qui t'aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! » dit encore le psaume.

IMG_5212.JPGDepuis le 11, nous avons rencontré une juive chrétienne, des français de l'Emmanuel... Nous sommes passé en Palestine, visité Jéricho, Tibériade... Je vous en passe et des meilleures ...

Nous prévoyons de passer la frontière jordanienne demain en fin d'apres midi.

04.08.2009

Qir Tiv'on

29 juillet

 

Nous quittons Irbid pour Amman, capitale de la Jordanie. Après quelques tours dans la ville, nous trouvons le Collège de Terre Sainte tenu par des franciscains. Le seul franciscain qui parle français n'est pas disponible, il le sera peut-être samedi matin prochain.

Élisabeth insiste pour descendre à Aqaba, au bord de la Mer Rouge, par la route du désert. Alors nous sommes parti pour l'oasis d'Azraq à quelques kilomètres de la frontière irakienne et saoudienne. mouton.JPGLe long de la route, se dresse une dizaine de restaurants devant lesquels attendent, dans un enclos, un petit troupeau de mes semblables qui attendent patiemment leur sort. Pauvre d'eux, savent-ils ce qui les attend : être pendu par les pieds avant d'être égorgé, et cuit à la broche pour des familles saoudiennes ou des Émirats...

Damien voulait absolument prendre les dromadaires en photo ! Nous en avons trouvé trois dans une prairie. L'occupant de la maison voisine nous invite à boire un thé que nous acceptons. Je suis resté dans la voiture pour lui tenir compagnie. dromadaire.JPG

A ce que j'ai entendu quelques heures plus tard, las quelques mots d'anglais de cette famille et les quelques mots d'arabe du guide leur on permit de comprendre que les garçons de la famille sont célibataires mais que la fille attend un heureux événement.

shisha.JPGAprès thé et shisha, qu'Élisabeth et Damien ont essayé, mes amis sont allés diner. Par respect pour moi, ils ont dîné de poulet et non de mouton. Ils y rencontrent un policier jordanien qui nous invite a passer chez lui si jamais on repasse à Irbid !

 

30 juillet

Le désert... Imaginez une étendue toute plate sur laquelle il n'y a rien d'autre que les cailloux qui poussent. D'où une réplique célèbre maintenant dont Damien porte la responsabilité : « il est quand même très désertique, ce désert ». Ben oui, Damien, c'est un désert quoi ! Nous partons tôt pour ne pas cuire dans la voiture !desert.JPG La route, ponctuée de panneau « attention dromadaire », se perd à l'horizon. Elisabeth conduit la voiture, pour ceux qui ne le savent pas, elle n'a pas son permis, rassurez-vous, il n'y a personne d'autre que nous sur la route. Au premier poste de police, c'est la frayeur, ils nous demandent de s'arrêter ! Ce que nous faisons, mais à peine arrêter, ils nous font signe de repartir. Notre « conductrice » cale plusieurs fois sous le regard amusé des policiers. (Note du correcteur : la première, comme certains le savent, est de santé délicate chez Shéhérazade. Le seul calage ne sera pourtant du qu'au stress bien légitime de l'illégalité !) A noter également que l'on trouve des dos d'ânes au milieu du désert, ce qui donnera lieu à une autre réplique célèbre : « ah les chameaux, ils ont mis des dos de dromadaires sur la route ! » Eh oui, les dromadaires, contrairement aux chameaux, n'ont qu'une bosse, ainsi que le rappelle la chanson culte d'Astérix et Cléopâtre (« et quand le chameau arrive... »

eli desert.JPGNous avons essayé le mourir de soif dans le désert, mais nous n'avons pas réussi. La gourde était finalement accessible, et nous ne sommes de toute façon pas partis assez longtemps pour épuiser nos stocks d'eau (24 litres s'il vous plait !)

Nous sommes arrivés à Aqaba en fin de matinée. Après le déjeuner à Aqaba, nous continuons notre tour de la Jordanie : nous avons la ferme intention de dormir à Wadi Musa, à côté de Pétra, ce soir. Le paysage change rapidement : nous quittons le « silence éternel de ces immensités infinies » (Copyright Blaise Pascal) pour un pays de rocs et de montagnes à peu près aussi sec. Damien quitte la route principal, qui est la route des rois, pour s'élever un peu dans la montagne ; de quoi prendre quelques vues, et faire chauffer le moteur de Shéhérazade. De quoi aussi se faire inviter à prendre le thé par les huit filles d'une authentique famille Bédouin ! Tente en poil de chèvre et élevage de poules ; bon, d'accord, nous vous avouons qu'ils ont un pick-up et des téléphones portables. N'empêche qu'on s'est senti assez dépaysé ! Le soir, comme prévu, nous sommes à Wadi Musa.

 

31 juillet

petra.JPGAujourd'hui, Pétra. Mes compagnons de voyage ont eu la gentillesse de bien vouloir m'emmener, ce qui est d'autant plus aimable qu'ils n'ont rien payé pour moi puisque l'entrée est gratuite pour les moutons. Heureusement qu'ils ont veillé à ce qu'on ne me passe pas à la broche. Pétra, c'est le décor d'Indiana Jones (dans la Dernière Croisade). Je ne voulais pas manquer ça ! Les voitures sont interdites sur le site, qui fait plusieurs kilomètres. Du coup, les flemmards, les riches et les randonneurs prennent des ânes, des calèches ou des chameaux pour aller d'un bout à l'autre de l'endroit. Folklorique et touristique, mais on a bien rigolé. En revanche, on a eu soif. Heureusement que les deux SUF nous avaient prévenus deux jours plus tôt : nous nous étions armés de 5 litres d'eau... N'empêche qu'on a eu soif quand même. Nous avons quitté Pétra à 16 h et rejoint Amman, bouclant ainsi notre tour de Jordanie.

 

1er aout

jourdain.JPGNous avons échoué une fois de plus à trouver les franciscains. Décidément... Donc, à défaut de jouer les journalistes, nous décidons de jouer encore les touristes pèlerins. Au menu, Mont Nébo, où nous payons trois dinars, puis site du baptême du Christ (tout est très bien indiqué sur les routes, ce qui nous change des autres pays) où nous payons 21 dinars (anecdote : on ne peut pas y accéder à pieds... Il faut monter dans le camion pour aller jusqu'au Jourdain, lequel est ultra surveillé !); Damien et Elisabeth imagine qu'ils vont recevoir le Saint Esprit avec un shampooing à la vase. Curieuse coutume. Se baigner dans le Jourdain implique de vérifier que le militaire armé qui nous surveille à le dos tourné. mer morte.JPGNous croisons deux voyageurs en route, un malaisien et un néérlandais qui se sont trouvés sur la route. On les embarque pour la mer morte, où nous dénichons une plage gratuite, sale, mais fournie de splendides chutes naturelle où nous nous rinçons comme dans une pub pour Loréal. Mais il faut croire que je ne le valais pas ; mes amis n'ont pas voulu que je fasse trempette, si ce n'est dans les mains d'un gamin sur une bouée (dont j'ignore l'utilité réelle vu qu'on flotte tout seul). Il paraît que le sel n'est pas bon pour mon poil synthétique. Nous sommes rentrés tout les six (eh oui, six dans la voiture, c'est lourd à tirer dans les montées !)eddy mer morte.JPG

 

2 aout

Messe en anglais à Amman au milieu des asiatiques. Très belle chorale accompagnée de guitare en tout cas. L'église est bondée ; il y a trois Blancs, un mouton, un Noir, deux Indiens et le reste d'asiatique, on n'a toujours pas compris.

Il y a peu de choses à dire de cette journée, que nous avons passé en formalité. Bon à savoir ; les voitures personnelles passent la frontière près d'Irbid, la frontière près d'Amman étant réservée aux voitures diplomatiques. Évidemment, on s'est trompé. Arrivé à 16h30 à la bonne frontière, nous entrons en Israël à 21h30. Pour l'anecdote, je suis passé au rayon X, comme le reste des bagages. Je suis outré.

Ayant échoué ensuite à trouver un hôtel pour moins de 100 dollars la nuit, nous échouons chez l'habitant. J'avoue que ça a été bien sympa, même si mes compagnons de voyage ont mis la nuit avant de me présenter au propriétaire des lieux. Il est vrai qu'ils ont passé cette nuit à parler de voyages et de théologie, à en rendre jaloux tous les éxégètes du judéo-christianisme.

 

3 aout

nazareth.JPGLevé à 11h le lendemain. Nous visitons Nazareth, nous attardant longuement dans la Basilique. Chez les religieuses de Nazareth, nous visitons dans le sous sol les restes de l'ancien Nazareth.

Rentré le soir chez l'habitant à nouveau, qui accueille sa femme et ses trois fils ; les filles se couchent pendant que les hommes font un petit plongeon, et moi je reste à bouquiner pendant ce temps (mais si, je sais lire l'Hébreu !)

 

4 aout

Levé tardif, mes compagnons de voyage se reposent pendant que j'écris le blog.

28.07.2009

nouvelles d'Ibrid

21 juillet

Nous partons pour Antioche après une petite nuit et une grande négociation à propos du prix... Car ici on paie le camping pour la journée pas pour la nuit ! Un petit dej turc et c'est parti pour traverser des montagnes où une brume de chaleur voile le paysage. Nous nous arrêtons pour le déjeuner dans une gargote au bord de la route. Élisabeth et Damien prennent une bière, la dernière de Turquie car ils ne sont pas sur d'en avoir en Syrie !
Un petit vieux à l'office du tourisme regrette de ne pas pouvoir nous inviter à boire le thé et s'efforce de nous expliquer en français les lieux à visiter absolument. Il nous indique l'église catholique où séjournent des capucins. Nous trouvons sans problème à nous garer dans les petites ruelles de la vieille ville. Une bande d'enfants nous accompagnent jusqu'à l'église. Les religieux ne sont pas là, mais la femme de la maison nous accueille. Dans une cour ombragée, un petit puits remplis de géranium, une fontaine... Notre chambre donne sur les toits alentours, dont les tuiles me rappelle ma bergerie natale. Le calme. L'église du monastère pleine d'icônes s'offre à nos yeux. 21_07_saint-pierre.jpg
Parlant d'église, nous avons du payer 12€ pour en voir une beaucoup plus ancienne ! La chapelle de Saint Pierre est une des premières églises du monde. Ici, Saint Paul et Saint Pierre se seraient rencontrés. Les actes des apôtres nous apprennent aussi que les premiers chrétiens s'enfuyaient dans la montagne par un passage taillé dans le rocher. La chapelle surplombe la ville, et il est assez aisé d'imaginer la vie secrète de ces premiers chrétiens.
Dans la soirée, nous trouvons une autre ambiance chez Barbara, qui tient une maison d'hôte à Antioche. Connue comme le loup blanc, cette femme d'une cinquantaine a tout claqué à 20 ans pour accueillir les pèlerins ici. Là, nous rencontrons américains, canadiens et lituaniens. On parle anglais, français. Nous prions avec les chants de Taizé. A notre surprise, un musulman se joint à nous pour prier.

22_07_choi.jpg22 juillet
Notre première grosse frontière ! Nous serions passés comme une lettre à la poste (en France, parce qu'en Syrie c'est pas ça) sans la rencontre avec une famille sud-coréenne dans le pétrin... que nous décidons d'aider (ils se rendent au même endroit que nous, mais sans trop s'arrêter en chemin). Un soldat francophone (vraisemblablement gradé) nous file un bon coup de main.

22_07_eglise.jpgFinalement, arrivée vers 17h à Alep, capitale du fameux savon (dont nous ferons d'ailleurs le plein). Nous trouvons un hôtel miteux mais bon marché, aux couleurs internationales, puis visitons rapidement le quartier chrétien et faisons le tour de la citadelle antédiluvienne (on n'a pas réussi à savoir si c'était cro-magnon ou néandertal qui l'avait construite), accompagné de Choï, notre coréen, et de quelques gamins qui insistent pour se faire prendre en photo. Découverte d'un des principaux loisirs des gens du coin : boire un soda en bouteille devant la citadelle entre 21h et 23h. Nous sommes quand même frappé, par rapport à Antioche et à la Turquie en générale, du nombre de femmes qui portent le voile intégrale.



23 juillet
Nous passons la journée à Alep : visites de la citadelle, écrasée par un soleil brulant, puis de la mosquée des Omeyyades (merci Damien pour les photos) où nous nous brulons les pieds, puis des souks, où nous trouvons du savon. Anecdote : la veille, un citoyen d'Alep nous a demandé si en France on avait du savon. Il s'étonnait du fait que les français venait toujours à Alep pour en acheter, comme s'ils n'en avaient pas dans leur pays !
23_07_citadelle.jpgDamien, Pauline et Elisabeth goûtent leur premier vrai kebab syrien, qu'on mange ici dans des galettes de pain roulés. Je n'en ai pas pris, étant d'une part végétarien et d'autre part assez peu enclin au cannibalisme.
Une minute de silence pour mes semblables SVP.
Après une sieste à l'hôtel, nous partons à l'assaut du quartier chrétien... Cette fois, rencontre avec des paroissiens : le curé était trop occupé. Nous faisons la connaissance de Pauline, 85 ans, doyenne de la paroisse, qui n'a pas toujours vécu ici : avant, elle habitait la rue d'à côté. Nous apprenons qu'il y a de plus en plus de musulmans dans le quartier chrétien, mais que ça ne pose pas de problème ; que les chrétiennes peuvent se promener en débardeur, et qu'elle ne sort plus de chez elle mais que ses amies viennent beaucoup la visiter. Nous la quittons avant de déménager son appartement dans notre voiture, plan qu'elle semble décidée à mettre en exécution : « de toute façon je vais partir, et tout ça ça restera là ! Autant que vous en profitiez ! »

24 juillet
Au collège Terre Sainte, nous ne rencontrons pas de franciscains, puis l'école a été nationalisée, mais des scouts libanais qui nous donnent des adresses de leurs semblables au Liban. Nous prenons ensuite la route de Homs, en passant par Ebla, la ville morte.
Ebla : notre première rencontre avec le désert. La ville morte mérite bien son nom : il n'y a plus que le vent pour faire bruisser les quelques herbes qui entourent les murs effondrés de l'ancienne ville fortifiée. Bien qu'ayant près de 5000 ans, la ville a de beaux restes. Les recherches archéologiques, encore en cours, mettent à jour la culture visiblement très riche de cette région. 24_07_ebla.jpg

Nous quittons Ebla et ses fantômes pour Homs, qui (vendredi oblige) n'est pas beaucoup plus vivante ! Pour trouver un bouiboui ouvert, c'est la galère. Nous demandons un « cheap restaurant » à une boutique ouverte du quartier chrétien. Le gars réfléchit quelques instants, passe un coup de fil et nous fait signe de le suivre. Un quart d'heure plus tard et après avoir précisé que nous cherchions à manger local, nous nous retrouvons devant une table parsemées de mets arabes, dans un bon restaurant, sans avoir rien commandé de précis. L'arnaque en préparation.
Méfiant, nous nous enquerrons auprès du seul serveur qui parlent anglais le prix des boissons qu'on nous propose maintenant : « all table for free ». Non, non, il n'a pas eu erreur de traduction. Nous avons mangé à l'oeil. Et bien mangé d'ailleurs. Alors que nous calons, la moitié des assiettes encore pleines, on nous propose de nous resservir, ce que nous refusons avec énergie.
Nous passons la nuit chez les Jésuites, après s'être fait offrir le dîner, ainsi qu'une explication filmée de l'origine des différentes communauté chrétienne, le tout agrémenté d'une sorte de pastis local et de la « Mâne » irakienne.

25 juillet
Shéhérazade peine beaucoup, il y a apparemment le joint du couvercle des soupapes qui fuit assez méchamment et l'huile se répand, et le moteur fait entendre un bruit inquiétant. Nous montons à 1300 mètres et y trouvons une agréable non-chaleur (il serait insolent de parler de fraicheur). Un désert montagneux, toujours, et les abonnés de la Croix du Nord sauront peut-être qu'écrire son journal dans une voiture ballotée par le vent, les trous dans l'autoroute, et les doublements intempestifs est un exploit que même Chuck Norris n'a jamais accompli (en même temps, sait-il écrire ?)
25_07_qarat.jpgNous arrivons vers 14h au Carmel de Qarat, où sœur Claire-Marie nous sert de guide avant de nous servir le déjeuner. Cet ancien monastère, toujours en activité, est aussi en cours de reconstruction. Nous y entendons quelques anecdotes sympathiques : les moines se sont fait massacrer à deux reprises, dont une fois par les Ottomans au XVIIIe. Plus de 100 morts à chaque fois en une nuit.
On nous propose de rester pour la nuit, dans l'espoir (quoique ça relève plus de l'espérance) que Mère Agnès rentrera assez tôt pour qu'on puisse l'interviewer... Nous acceptons et allons visiter pour passer l'après midi le monastère de Mar Musa. La route qui y mène est plutôt sympathique. Damien y prendra le plan du siècle, en montant dans un camion pour filmer la voiture galérant sur la route sinueuse qui mène au pied de la montagne. Le monastère y est accroché, et il nous faut un quart d'heure pour y monter à pieds.
Dans la soirée, nous vérifions le moteur de la voiture. Il semblerait que la courroi de l'alternateur est très abimée. Nous espérons arriver à Damas et trouver un garagiste. Après le dîner aux légumes (merci Mon Dieu, les moutons furent épargnés) au Carmel avec les carmélite est leurs hôtes, des belges – journalistes, médecin, étudiants – nous couchons dans des chambres libres de moustiques.

26 juillet
Il fut difficile de quitter le Carmel, sans avoir fait la connaissance de la fantomatique Mère Agnès. Arrivée à Damas. Nous n'avons pas vu de grande lumière en chemin, ce qui prouve que nous ne sommes plus à convertir ! Notre point de chute est Soufanieh, lieu d'apparition mariale très récentes. Nous y sommes accueillis comme des étrangers en Syrie... On nous propose de régler à la fois nos problèmes de moteur (les fuites d'huile, ça les connait à Soufanieh), de lessive, et on nous trouve même un arrangement pour la nuit.
C'est à Damas que nous progressons le plus dans notre documentaire sur les chrétiens d'Orient. La problématique semble se lier autour de Soufanieh : l'unité des chrétiens viendra t-elle de l'Orient, ces pays où ils ont toujours ou presque été minoritaires, cette région qui a pourtant vu jaillir la source de notre Foi ?

27 juillet
27_07_soufanieh.jpgNous nous séparons : Pauline et moi partons avec deux chrétiens au garage, Damien et Elisabeth vont interviewer le Père Elias, modèle de culture et grand défenseur de l'identité arabe contre le nivellement planétaire.
Le garagiste, pendant que le Père Elias cultive les deux autres, tâte le pouls de Shéhérazade. Un tournevis lui sert de stéthoscope, et il ne peut pas travailler sans cigarette au bec, ce qui n'est pas très hygiénique. Deux heures plus tard, le moteur est propre, les joints qui fuyaient siliconés, la vidange faite et la courroie défectueuse changée. Ouf !
Nous nous retrouvons à midi, et partons visiter la ville. Surtout les souks. C'est la journée des souvenirs, marchandages et compagnie. Même Damien commence à y prendre goût ! Le plus compliqué sera une icône de Saint Georges, très vénéré dans le pays depuis la conquête Ottomane, dont on ne propose que des reproductions. Finalement, il est passé huit heure quand un vendeur rouvre sa boutique pour nous, et nous concluons l'affaire, alors qu'il n'avait rien vendu dans la journée !

28 juillet
Un dernier tour à Damas, adieu à Soufanieh (où nous croisons Myrna, qui arrive quand on part), au-revoir à la Syrie.
Bonjour à la Jordanie. Le paysage reste tout aussi désertique si ce n'est plus et les jordaniens se vêtissent d'habit plus traditionnel. Nous décidons de dormir à Ibrid pour pouvoir prendre le temps de mettre à jour le blog. Nous croisons deux françaises qui parcourent le Moyen-Orient en bus !

Eddy

21.07.2009

Nouvelles d'Adana

19 juillet

Nous avons finalement campé non loin d'Izmir, dans un camping où nous avons trouvé internet pour vous envoyer les précédentes nouvelles. Au matin, très courte grasse matinée que la chaleur empêche de se prolonger. Nous partons sur le coup de 10h15 vers Santa Maria, l'église où nous avons une messe à 11h. Messe en italien, comme il se doit, puisqu'il s'agit de la paroisse italienne. Une douzaine de paroissiens italo-français, visiblement des habitués, peuplent vaguement l'église. Amusant clin d'œil : la lettre est une épitre de Saint Paul aux... Ephésiens (Ephèse n'est pas bien loin). Un rital entonne les chants avec une voix d'opérette à faire sourire. Il est rare que nous ayons des messes chantées depuis que nous avons quitté la France ! A croire que les français chantent plus que les autres ?

Nous discutons après la messe avec l'assistant du curé italien à tronche de mafioso (italien, quoi). Celui-ci, un Noir pas beaucoup plus grand que moi, tout mouton que je sois, parle français. Coup de chance ! Sauf qu'il est là depuis seulement une semaine ; pas de chance en somme ! Nous échouerons à rencontrer le Père Gabriel, français à Izmir, qui visiblement n'était pas chez lui au moment où nous sommes passés. Tant pis pour lui, il n'aura pas la chance de nous connaître. On s'arrache pour aller à Ephèse.

Dans la voiture, un des grands débats du moment porte sur la prononciation turque. La science de Pauline, à laquelle Damien et Elisabeth sont des réfractaires un brin moqueur, nous apprend par exemple qu'un i sans point ne se prononce pas i. Ils sont fous ces humains !

 

19_07_merryaman.jpgAprès avoir un peu cherché, nous découvrons « Meryemana », la maison de Marie, près d'Ephèse. La Bible nous apprend que Jean l'aurait emmenée avec lui dans cette région ; des fouilles archéologiques ont en effet mis à jour ce qui est vraisemblablement sa derrière demeure terrestre, ce qu'une légende locale, entretenue par la communauté orthodoxe du coin, a toujours assuré. Autrement dit, peu de doutes possible. Nous y arrivons vers 16h30. La municipalité nous fait payer 30TL pour accéder au site, qui ne vit que grâce aux dons pourtant. Bande de profiteurs...

 

Le paysage a beaucoup changé depuis Istanbul. Nous avons toujours droit au crissement des cigales, mais la végétation s'est peu à peu rabougrie. Les collines sont arides et escarpées. Les oliviers et les abricotiers se sont espacés, et ne colorent plus autant la terre et les rocailles. Dans la vallée, des champs de blés et de maïs survivent grâce aux irrigations. Mais là-haut, il n'y a plus rien que la lumière qui nous écrase, entre ciel et terre... Y avait-il déjà des guêpes autour de la source il y a 2000 ans ? Bravant les bestioles en question, qui sont bien plus épaisses qu'en France mais ne montrent pas d'agressivité, nous remplissons nos gourdes d'une eau plus fraîche que celle de nos bouteilles. Ici il y a plus de pèlerins que de touristes. Nous échouons à trouver les capucins qui vivent là, mais trouvons un peu de fraicheur dans la chapelle, très simple, construite sur l'emplacement de la dernière demeure de la Mère du Seigneur. Je ne pourrais vous en dire beaucoup plus, mes trois camarades de voyages ayant oublié de m'emmener avec eux pour cette virée religieuse.

 

19_07vendeur_de_pneu.jpgEn revanche, j'étais là, et bien là, lors de l'aventure suivante. C'était vingt km avant Denizli. Damien conduit, Élisabeth co-pilote, Pauline dort, et moi, de la plage arrière, j'admire le paysage et le camion de cagettes que Damien dépasse, quand tout à coup, Damien s'arrête sur le bas coté et s'écrit : «  Ça y est, on a crevé ! ». En effet, le pneu arrière droit n'a pas bonne mine ! Ni une ni deux, le cric, la roue... et 15 minutes plus tard, la mauvaise roue est dans le coffre (eh oui, l'affaire ne peut pas être dans le sac). Nous nous arrêtons plus loin, dans un oto lastikci (un vendeur de pneu, plus ou moins usés) pour remplacer le pneu percé. Les affaires conclues, la femme de la maison nous offre eau fraiche et thé accompagné de quelques cerises et prunes qui d'après monsieur sont les meilleures, bien sur puisqu'elles sont turques ! Petite séance photo et échange d'adresse mail et nous revoilà sur la route vers Denizli et Pammukale.

Nous arrivons de nuit au site de Pammukale, où une eau chaude sort des bouches de la terre. Nous trouvons un camping où déconcertés, nous demandons où mettre la tente. Le réceptionniste nous indique une place sèche sur la pelouse et la piscine d'eau thermale où Damien s'empresse de plonger. Une petite bière les pieds dans l'eau, c'est le panard !

Par contre, ce qui n'est pas le pied, ce sont les moustiques qui peuplent nous nuits !

 

20_07_pammukale.jpg

20 juillet

 

 

Eh oui, tous les matins, c'est le même cirque. Ils attendent que nous soyons bien enfouis dans nos rêves pour venir nous murmurer à l'oreille leur danse de la guerre : un petit biiiiiiizzzzzzz de temps en temps. De quoi nous rendre fou et écourter notre nuit. Mais nous ne les laissons pas tous partir ! Comme le dirait une amie, "pourquoi Dieu a-t-il créé les moustiques" ?

Grosse route aujourd'hui, nous voulons nous rendre à Antioche, soit quelques 800 kms sur des routes plus ou moins bonnes. Le temps est meilleur que la veille, la température dans la voiture est bonne car nous roulons toutes fenêtres ouvertes. Nous nous arrêtons déjeuner chez un vendeur de pide, sorte de pizza turques. Et là, nous rencontrons un turc francophone qui a travaillé quelques années à Lyon ! Il commande pour nous le repas. Qui s'avère délicieux : pide à la viande et au fromage accompagnés d'une salade de concombre et de tomate. De la poussière s'élève, le vent tourbillonne et floutch, une tornade de poussière s'abat sur nous. Nous en avons partout même dans les ayrans, du lait fermenté salé dont les turcs raffolent (comme Pauline d'ailleurs). Mais qu'importe, le repas fut tout de même bon.

Et nous repartons pour des kilomètres de paysages à vous couper le souffle. Des plaines verdoyantes ou jaune-dorées, des maisons de terre, des camps de romanichels, des troupeaux de chèvres bordent la route. Nous traversons les montagnes du Taurus ou nous prenons des autostoppeurs que nous faisons apparemment bien rigoler.

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Arrivés en haut, une bouffé de chaleur nous saisis. En face, la mer humidifie tout. Nous descendons sur Adana où nous avons décidé, vu l'heure tardive, de passer la nuit. Le Hilton nous fourni un plan de la ville et des indications pour trouver l'hôtel le moins cher ... mais nous nous perdons. Nous demandons alors à un autre hôtel de nous expliquer où nous sommes. Il nous explique, non sans nous avoir offert le café, que les hôtels que nous cherchons ne sont pas très conseillés. Il essaye coute que coute de nous faire dormir dans le sien. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. La première nuit dans un hôtel turc ne sera pas ce soir, nous cherchons un camping à une cinquantaine de kilomètres de là. Nous atterrissons sur une plage bordée de tente où le jeune qui veille nous assure que nous pouvons camper gratuitement, avec douche, Wc. Mais, il n'y a pas d'eau. Et les moustiques sont au rendez vous ! Encore une fois...

 

Eddy

 

 

18.07.2009

Nouvelles d'Izmir

12_07_bateau.jpg12 juillet
Le bateau, une aventure nocturne et insomniaque. Comme nous avons décidé de dormir sur le pont, nous sommes tout le temps embêtés par les gens qui passent, les lumières et le bruit. Si bien que Pauline s'exile quelques heures dans les couloirs, avant d'être éjectée à l'ouverture du restaurant. D'autres ont été plus inventifs, et ont amené hamacs, tentes, matelas gonflables... Mais bon, c'est l'occasion d'écrire l'article que vous avez lu il y a une semaine.

13 juillet13_07_meteore.jpg
Nous débarquons en Grèce et avons toutes les peines du monde à quitter Igoumenitsa, le port de débarquement, qui ne veut pas nous voir partir. Découverte de la conduite grecque, très différente disons de la conduite française. Règles de circulation :
1-Le dépassement à trois est de rigueur mais attention : celui qui est à droite est tenu de se ranger sur le bas côté, dans la voie prévue (ou pas) à cet effet. Celui d'en face se décale aussi.
1 bis- cette règle ne vaut pas pour les camions.
2-Les feux rouges sont rares, et optionnels.
3-Il est conseillé de faire usage du bas côté, en bon état généralement, pour éviter les nids de poule. Ce qui marche aussi sur l'autoroute.
4-Ne pas s'inquiéter en présence de feux sur l'autoroute, même en l'absence totale et curieuse d'intersection.
Nous voyons dans la journée le théâtre de Dodone, d'assez loin puisque nous l'aperçevons du versant opposé... Nous déjeunons d'une sorte d'aubergine et de salade concombre, feta, tomate, dans un bouiboui grec qui ignore l'existence du touriste. Le paysage est grillé : quelques arbres rachitiques et des cailloux. En fin d'après midi, nous voyons les magnifiques monastère de Meteora, perchés en haut des montagnes de granit. Nous arrivons trop tard pour la visite de l'intérieur, mais assistons à un concert des cloches qui se répondent pour signaler qu'il est dix huit heures. A propos d'heure, signalons que nous avons perdu une heure entre l'Italie et la Grèce. Nous ne l'avons pas encore retrouvée. D'ailleurs les grecs non plus n'ont pas assimilé en terme d'horaire de repas le fait qu'à 13 h chez nous il est 14 h chez eux...
Nous dormons à la débrouille... en compagnie des moustiques qui décidément se sont attachés à nous. A côté, un champ de pêche. A six heures, un grec au volant d'un 4x4 nous dépasse, éberluée.

14_07_playmobil.jpg14 juillet
Bonne fête. Nous visitons Thessalonique, après nous y être perdu en cherchant l'office de tourisme local. Un sympathique grec nous donne une carte à gratter pour le parking, parce que français y'en a pas être aidé dans la vie. Nous visitons la rotonde Saint George, voyons l'église de Sainte Sophie, les quais, les grandes rues commerçantes où nous échouons une fois de plus à dénicher un nounours qui tient un drapeau grec, mais rencontrons un playmobile géant déguisé en romain, et des Astérix et Obélix en peluche (ils sont fous ces grecs !)
Découverte des joies du camping grec, après trois jours de bivouac. Lessive générale, douche générale, sauf pour Shéhérazade, et moi même dont les poils synthétiques – priez pour nous – commencent à puer. Surtout depuis que je sers d'oreiller. Bref. Pic nic sablé sur la plage et dodo.

15 juillet 15_07_istanbul.jpg
La lessive n'a pas eu le temps de sécher. Dommage, tant pis, Damien profite du vent pour la faire sécher... Eh eh, du vent dans les voiles. Nous faisons du thé dans la voiture. Qui est bon, même s'il n'est pas turc. Nous passons notre première vraie frontière, la classe, et quittons l'Union Européenne. C'est impressionnant, il y a des militaires partout. Ici comme dans beaucoup d'endroit, les gens rigolent sur notre passage. Tant mieux, nous gagnons des abricots comme cadeau de bienvenue.
Le paysage change du tout au tout en quelques kilomètres, à peine ! De montagnes arides et grillées couvertes d'olivier et du chant des grillons, nous découvrons une plaine verdoyante. Arrivée à Istanbul plutôt comique. Quelques règles de circulation :
1-Un feu ici ne se grille pas, surtout en raison de la potentielle présence de radar. Il a fallu s'habituer.
2-Tu t'occupe de ce qui se passe devant toi. Derrière, c'est pas ton problème.
3-Tu veux aller à droite, tu t'impose.
4-Le bus est toujours prioritaire.
5-Le piéton n'est jamais prioritaire.
6-L'usage du klaxon est conseillé.
7-Il est possible de voir quelqu'un faire demi tour sur l'autoroute.
8-Attention : certaines voies rapides ne mènent nulle part. Si vous ne voyez personne dessus, méfiez-vous.
Sortis de leur voiture, les turcs sont aussi hospitalier qu'ils sont mauvais conducteurs, ce qui n'est pas peu dire ! Grace à nos adresses, et de contacts en contacts, grâce entre autre à Andrew de Saint Antoine, nous rencontrons le Père Claudio, italien et dominicain, qui parle un excellent français, que nous interviewons à Saint Pierre-Saint Paul (non, nous avons quitté Wazemmes). Les dominicains sont à Istanbul depuis le XIVe siècle je crois... Une vieille présence dans un pays maintenant à 99% musulman. A Istanbul, cette situation n'est pas trop critique. Les istanbouliotes font preuve de beaucoup de curiosité, et il faut le dire, visitent leur mosquée avec autant de sentiment religieux que les touristes à Saint Pierre de Rome. Autrement dit, ils ne sont pas très pratiquants.
Chez le père Claudio, nous rencontrons Gabriel. Dès l'abord nous comprenons qu'il est encore plus à l'ouest de nous. Il se rend en Sibérie en Dyane. Tout seul, quelques copains font un bout de route avec lui de temps en temps. Ayant la chance d'avoir une soeur postulante chez les dominicains, il loge chez le Père Claudio, et ravi de rencontrer des français aussi cathos et aussi chtarbés que lui, il nous incruste pour la nuit.
Première immersion turque ce soir, même si nous restons sur la rive européenne. Nous dînons dans le quartier Galata Sarayi.

16_07_Stesophie.jpg16 juillet
Petit déjeuner avec Gabriel et Pierre Yves, le copilote du moment, bien plus terre-à-terre et heureusement il en faut un pour surveiller l'autre. Il quitte la ville, l'aventure et son fou de pote, dans l'après midi. Nous entamons enfin les confitures.
Nous nous mettons ensuite en quête d'un autre couvent, rencontrons les filles de la charité de l'hôpital psychiatrique de la Paix à Sisli, puis les petites sœurs des pauvres à Bromonti. Celles-ci nous offrent généreusement une place de parking, puis le gite et couvert.
Étape suivante de la journée : Sainte Sophie, puis le quartier de Sultanahmet, la Mosquée Bleue, le Bazar Égyptien où nous achetons des loukoums, nous traversons la ville à pied, en métro, et prenons même le tramway rouge typique d'Istiqlal Caddesi. Il y a deux églises assez visible dans cette rue, Sainte Marie et Saint Antoine.
Dodo chez les sœurs, à la maison de retraite. Beaucoup des résidents sont des levantins, et parlent souvent français. Ils sont ravis d'ailleurs de nous rencontrer !

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17 juillet 17_07_saintesprit.jpg
Premier petit déjeuner turc chez les sœurs... Salade, Feta, thé turc, pastèque... Devant la foule, nous renonçons à visiter le palais des sultans du XIXe siècle. Et allons visiter la cathédrale française du Saint-Esprit. Encore et toujours des églises, la religion nous rattrape, au moins il n'y a pas de touristes. Nous rentrons à la maison de retraite française pour visiter les locaux avec Serge, turc catholique polyglotte, qui habite ici depuis 10 ans. Chacun à un rôle dans la maison, accueil, couvert, service, à la mesure de ces possibilités.
Une séance photo s'organise autour de la voiture avec quelques pensionnaires et les sœurs autour de Shéhérazade. Et hop, départ pour Izmir.
Nous longeons la côte pour trouver un petit boui boui turc où nous « savourons » quelques spécialités : soupe de tripes, sandwich aux tripes... C'est tripant. Pour dormir, nous partons à la recherche d'un endroit perdu ou d'une station service... Nous débusquons un restaurant perdu sur la route de campagne cabossé : un oasis au milieu du désert. Nous demandons l'adresse d'un camping et nous finissons dans le jardin d'enfants du resto qui accepte de nous accueillir pour une nuit. Concert de crapauds. Silence, pas de moustiques, enfin !

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Surprise, nous prenons le petit déjeuner dans le restaurant. Royal et turc : sultan donc !! Féta, olives, salade, beignets, frites, œufs, miel, confitures, tartine grillés au feu de bois, gratin de féta au fromage sans oublier le thé turc et son petit goût de caramel...
Puis nous avons roulé, roulé... Entre deux cols, la plaine s'étend à perte de vue. Jamais la même et dans le fond toujours des montagnes... Sur un côte, Shéhérazade pique un far : elle apprécie peu les embouteillage turc sur une pente raide. Nous nous arrêtons donc sur le bas coté prévu à cet effet comme quelques autres voitures. Le turc qui nous suivait s'arrête pour nous proposer de l'aide. Nous arrivons ensuite à Izmir, ou Smyrne. Nous ne savons encore à l'heure actuelle comment nous avons trouvé le centre ville. Le gardien du Hilton nous fournit le plan de la ville et nous indique l'église Saint Polycarpe. Des musulmans qui travaille dans le jardin nous indique l'église Sainte Marie où nous espérions trouver des franciscains, mais non, pas aujourd'hui, c'est fermé. Demain, 11 heures. Nous verrons bien ...

Eddy

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14.07.2009

Italie

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Lundi 6 juillet

Départ de Charnay en début d'après-midi, nous arrivons par des petites routes au col du Mont Cénis. Les vaches puis les douaniers nous souhaitent la bienvenue. Pas de moutons à l'horizon. La voiture ayant un peu chauffé, on attend avant de repartir... Il fait très beau. La nuit tombe lentement. Nous nous écartons de l'axe principal pour passer la nuit. Les chiens hurlent à côté, nous expérimentons une nuit où nous dormons tous dans la voiture. Pour l'heure, l'exploit n'est pas réitéré, suite à l'inconfort de la chose.

7_7 eddy escalade.JPGMardi 7 juillet

Départ autour de 8 h, nous visitons Turin, son linceul, ses salésiens... Nous faisons la rencontre du Père Maurilio, aumônier de camp de vacances, qui fait visiter à des ados la cathédrale, où se trouve le linceul. Turin est une ville assez carrée et plate où l'on oublie rapidement la présence des montagnes qui l'entourent. Impossible de trouver Internet, et pourtant l'article pour Croix du Nord est à envoyer aujourd'hui, puisque demain nous ferons essentiellement de la route ! Nous campons derrière un champ de maïs à côté de San Paolo, j'en profite pour me dégourdir les jambes par un bout d'escalade.

Mercredi 8 juillet8_7 eddy pise.jpg

Que de route, que de route. Nous avions l'intention de déjeuner à Pise. La route entre Gênes et Pise est absolument magnifique, et nous permet de comprendre quelques règles élémentaires de circulation en Italie : La ligne blanche est facultative, et distingue juste la voie de droite de celle de gauche.Pour doubler, c'est à celui de devant de se rabattre sur la droite. Celui d'en face en fera de même.Les limitations de vitesse sont à majorer de 20 km au moins. Tous les chemins mènent à Rome, mais tous ne sont pas indiqués.

Pour l'anecdote, nous n'avons pas déjeuné à Pise. Nous y sommes arrivés à 18h30. La tour est effectivement petite, et penchée accessoirement. J'y ai fait la rencontre d'une sympathique famille de français. Nous arrivons finalement chez Astrid à... minuit. Après avoir un peu galéré à comprendre par où donc nous avions bien pu entrer dans Rome.

8_7 eddy trevi.jpgJeudi 9 juillet

Grasse matinée bien méritée. Après deux nuits de bivouac, ça s'imposait. Suite à une platrée de nouille, nous partons visiter Rome. A pieds. Sous le soleil. Bon, je vous la joue rapide : St Jean du Latran, imposant et massif. Le Colisée, imposant et en ruine... Le Forum, qui fut imposant et maintenant en ruine. La fontaine de Trevi. Imposante et humide, je sympathise avec des asiatiques en tenue de marin, sauf que j'ai oublié de leur demander de quel pays ils venaient.

Palais du Risorgimiento, imposant et fasciste. Le Panthéon, imposant et antique. Nous mangeons une glace, qui elle aussi est imposante et glacée. Château St Ange, imposant et payant, et enfin, nous prenons une première vue de St Pierre de Rome, imposant et catholique.

Nous rentrons tard, épuisés, après un passage dans le quartier des ambassades, une pizza dans le quartier trastervere. Nous avons piétiné sept heures, sous le soleil derrière des touristes. Une épreuve.

Vendredi 10 juillet10_7 agoraphobie.jpg

L'épreuve continue. Départ à 8h, suite au départ en vacances inattendu des colocataires d'Astrid, qui elle est déjà partie en vacances. Petite marche revigorante le long des quais du Tibre pour arriver à 9h30 à Saint Pierre. Nous faisons la queue pour entrer dans la basilique, il n'y a pas encore trop de monde mais les flics sont pourtant assez énervés, au point d'inciter Élisabeth à jeter son couteau suisse (mais c'était pas un vrai couteau suisse, CQFD) dans la poubelle. Sans doute la faute au G8, à moins que ce ne soit Barack Obama. Nous visitons donc St Pierre alors qu'il n'y a pas encore trop de monde. « Bah c'est quand même beau quoi » dixit Pauline. « C'est glauque, y'a des macchabées », ajoute Damien. Je suppose qu'il voulait parler du tombeau de Saint Pie X. Nous visitons tous les tombeaux des Papes, et passons celui de Jean-Paul II qui attire toujours autant les foules. Damien est outré devant le laxisme des gardes, sensés empêcher les prises intempestives de photos. Notons d'ailleurs que lui-même s'est retenu.

Épreuve suivante, c'est la pire : la chapelle Sixtine. Et puis d'abord, où est-elle ? Nous comprenons au bout d'un temps qu'il faut payer pour la voir, puisqu'elle se situe dans les musées du Vatican. Une file ininterrompue de touristes envahissants, incultes et irrespectueux. C'est un dédale de labyrinthe, nous parcourons galeries sur galeries, en dépassant tous les dieux grecs et latins avant de voir la fameuse chapelle, enclos moderne à touriste. Mais le plafond est quand même magnifique. Précisons tout de même qu'elle n'est pas toujours aussi bondée, certains, nous l'apprendrons le lendemain, ont eu plus de chance que nous, puisqu'ils étaient dix dans la chapelle Sixtine. Les petits veinards.

Nous déjeunons au MacDo, premier d'Italie. Imposant et fast food. Mais comme tout le reste, hein : arcades, statues antiques (ou prétendues telles), plaques gravées, marbre... On n'a pas vu Ronald, remplacé par Jules César.

11_7 havre de paix.jpgVeni vidi vici et caetera, nous prenons le métro, à nos risques et périls puisque l'ambiance de catacombe qui s'en dégage est propice aux viols, rackets et meurtres en tous genre. Nous nous rendons chez les sœurs saint Joseph de Cluny pour les interviewer. Soeur Dominique nous fait visiter les lieux puis nous propose généreusement d'y rester pour la nuit, puisque nous sommes à la rue. Nous sommes logés dans le quartier Palestine. Calme, frais, reposant après toute cette agitation.

Samedi 11 juillet

11_7 eddy assise.JPGDépart à 10h de Rome pour Assise. Le Bethléem de Saint François, ainsi que l'indique le panneau d'entrée. Rustique, plus rien à voir avec les église de Rome. L'église de St François est rustique et peinte. Fraiche à l'intérieur. Un petit cloître, rustique et carré. Des franciscains, il y en a partout, rustiques et jeunes, même s'ils font un peu office de guide touristique. Passage au monastère St Damien, où nous sommes déçus, ils ne se laissent pas interviewer. Ils ont trop à faire avec les visites. Nous n'avons pas grand chose à faire, puisque nous ne prenons le bateau à Ancone que le lendemain. Nous campons dans un chemin de montagne où nous découvrons des oliviers à flanc de coteau. C'est bien, on est déjà au Mont des Oliviers. Au final, plus besoin d'aller en Palestine... Mais on a quand même payé le bateau, donc on va le prendre.

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Dimanche 12 juillet

Départ tranquille pépère pour les derniers cent kilomètres avant Ancone. Nous attrapons une messe à la Cathédrale d'Ancone, magnifique point de vue. Puis, le bateau... L'attente au soleil pendant des heures. Pour faire couleur locale, nous décidons de nous déguiser en écrevisses.

Eddy, le 13 juillet 2009

06.07.2009

Montmartre, le 5 juillet 2009

IMG_3663modif.jpgUne messe de départ à Montmartre, c'est la classe. Les photos de départ devant la basilique aussi, mais ça se paie ! En l'occurrence, trois quarts d'heure pour trouver l'unique rue qui permet de passer devant le Sacré-Coeur. Les parents, ainsi que quelques spécimens des fratries réciproques et amis, qui ont fait le déplacement pour saluer l'envoi ont du patienter ! Finalement, Shéhérazade (Chéra pour les intimes) atteint le sommet de la butte, séance de photos, au-revoirs aux quatres voyageurs (ah oui, Eddy, notre mouton d'Irlande mascotte du voyage, est finalement le 4ème voyageur. Il n'a pas son permis, mais il est increvable) et ultimes recommandations...

 

Et puis finalement ça y'est, nous sommes en route ! Première étape : Charnay-les-Macon, chez la grand-mère IMG_3658.JPGd'Elisabeth, au sud de la Bourgogne. Cette première étape, essentiellement effectuée par autoroute (A6 du début à la fin) s'est révélée longue, surtout parce que nous sommes assez fatigués ! Nous essuyons la queue d'un orage au niveau de Chalon sur Saône, orage que nous poursuivions depuis Paris et qui nous dissimule pendant une demi-heure la pleine lune. Quand je dis qu'on s'essuie un orage, en fait, c'est surtout aux essuis-glace de l'essuyer. Bon, ils passent le test, pas haut la main, mais relativement correctement. Après un détour par Macon... Arrivée à 1h45 chez Manou. La roche de Solutré (et ses vignobles célèbres) nous accueille... dans le noir.

Cette première pause est l'occasion de profiter encore des conforts de la civilisation : douche, repas, thé ou café, lit confortable... Turin, la seconde étape, est à six heures de route sans péages, une paille que nous avons l'intention d'accomplir dans l'après-midi, pour dormir avant la ville.

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Signalons au passage que Turin est le siège de la maison mère des Salésiens, fondé par Don Bosco au XIX... Ce qui promet du boulot pour Louisette, notre caméra.

Eddy

04.07.2009

Départ, dimanche !

Et bien voilà...Nous bouclons les derniers préparatifs. Comme les nordistes auront peut-être pu le lire dans Croix du Nord, puisqu'il paraît que nous sommes en première page (le début de la gloire), nous partons enfin. Nous vous donnons rendez-vous dimanche sur le parvis du Sacré Coeur à 18h si vous voulez venir à la messe ou encore a 19h10 fin de la messe pour un dernier adieu.